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Parlons affaires durables

  • 27 avr.
  • 3 min de lecture

Le Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix (GSRC) faisait récemment connaître les résultats d’une consultation tenue sur les plates-formes numériques concernant l’aménagement d’un sentier multifonctionnel (vélo, course, marche, ski de fond) sur le littoral charlevoisien.





Le nombre exceptionnel de participants à cette consultation (1542) témoigne d’un très vif intérêt pour le projet qu’il porte et de la mobilisation qu’il suscite. Les données et les commentaires recueillis durant ces trois semaines de consultation démontrent que le projet répond à un enjeu d équité, un enjeu de santé, un enjeu de mobilité durable et à un enjeu de développement économique viable.


L’impact d’une telle infrastructure sur la santé et le bien-être des utilisateurs a fait l’objet de très nombreuses recherches dont on peut trouver l’essentiel dans le rapport de l’Observatoire du vélo de Vélo Québec [1]. Simplement d’un point de vue des finances publiques québécoises, on estime que la réduction des frais de  services de santé due à la pratique régulière du vélo équivaut à une économie des fonds publics de l’ordre de 2G$ annuellement. Ce n’est une retombée négligeable.

Et il  y a plus.  Dans une étude très fouillée, la Chaire de tourisme Transat de l’École de gestion de l’UQAM [2] nous apprend que les dépenses touristiques annuelles liées au vélo en 2024 étaient de l’ordre de 803M$ au Québec. De ce total, des dépenses de plus de 650M$ sont attribuables aux touristes québécois qui investissent chez eux dans le cadre d’une activité non polluante et d’un vrai tourisme lent.


Ces touristes et excursionnistes nationaux  et les visiteurs internationaux font rouler les établissements d’hébergement (221M$), les restaurants (155M$), le transport (130M$), les épiceries (134M$), les attraits touristiques (48M$), les locations et réparations de vélos (45M$). En prime, les gains fiscaux enregistrés au Québec et au fédéral atteignent les 143M$ annuellement. On comprend mieux dès lors l’intérêt économique de nos gouvernements à investir dans de telles infrastructures.  Ce qu’il y a également  de remarquable dans ce bilan économique est que les touristes empruntant les sentiers ou les pistes qui leur sont dédiés dépensent dans des secteurs non délocalisables ancrés en région. On estime ainsi que près de 6500 emplois sont reliés à l’opération de ces pistes et à leurs retombées économiques locales.

Qu’en serait-il dans Charlevoix ? Quelles sont les retombées économiques escomptées d’un sentier multifonctionnel reliant Petite-Rivière-Saint-François à la Malbaie le long du littoral du fleuve ?

Nous ne disposons  pas  encore de données spécifiques sur ce tronçon de 65 kilomètres. Le GSRC, à la suite de la consultation, croit qu’il est impérieux de mener une étude à ce sujet. Toutefois, nous ne sommes pas devant rien. En effet, la MRC de Charlevoix a commandé en 2022 une étude des retombées économiques d’un sentier multifonctionnel qui relierait Baie-Saint-Paul à Saint-Joseph-de-la-Rive sur un tracé de 14 kilomètres. Ce rapport de la maison Raymond Chabot Grant Thornton établit que les retombées économiques annuelles d’un tel sentier se situeraient entre 3,4M$  et 10,1M$ selon le type de piste. On peut présumer qu’un sentier de 65 kilomètres longeant le fleuve et comprenant deux pôles économiques dynamiques engendrerait des retombées encore plus importantes. À titre de comparaison, les pistes de vélo en Montérégie généraient une valeur ajoutée de 96,4 M$ retombées économiques sur le PIB en 2024 [3]. Cela représenterait, selon le modèle d’analyse le plus conservateur, des retombées économiques nettes de l’ordre de  26M$ pour le seul Réso Vélo Yamaska long de 97 kilomètres et comptant pour 27% des excursionnistes et touristes à vélo en Montérégie. On pourrait multiplier les exemples partout au Québec.  Essentiellement ce qu’il faut en retenir :  les économies locales et régionales tirent vraiment profit de cette forme de tourisme viable.


Lors de la consultation que le GSRC a menée, une très très faible mais légitime minorité de participants favorisait le maintien du train touristique ou le redéploiement d’un train de fret ou encore la conservation pure et simple de la voie ferrée sans usage particulier au cas où l’économie de la région pourrait un jour lointain y trouver son compte. Par ailleurs, la très vaste majorité des  participants a nettement fait état de sa préférence pour le développement d’un sentier qui offrirait aux charlevoisiens, adultes et enfants, l’accès gratuit à leur fleuve et aux visiteurs de Charlevoix une raison de plus pour venir y séjourner.


Dans toutes les régions, les Québécois font la démonstration qu’ils savent y faire lorsqu’il s’agit de développer et d’opérer des pistes ou des sentiers accessibles au grand public et dont les retombées économiques, sociales et en santé sont éprouvées et connues de tous ; nous cumulons des milliers de kilomètres d’expérience.  Charlevoix peut et doit s’inscrire à son tour dans cette trame de développement viable et miser sur une occupation rentable et respectueuse de son magnifique littoral.








 
 
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